L’histoire de l’huile d’olive commence bien avant les temples grecs et les amphores romaines. Elle nous mène sur les côtes de la Méditerranée orientale, dans les ateliers de l’âge du bronze, sur les routes commerciales vers l’ouest et enfin dans les moulins modernes de plusieurs continents. Ce qui n’était au départ qu’un liquide végétal extrait avec peine est devenu un aliment, un combustible pour lampes, une marchandise et un symbole culturel.
Cette chronologie présente 23 étapes clés classées par périodes et par années. Les dates indiquées sont des points de repère et non l’affirmation qu’une culture entière ou un procédé est né en un seul jour. Pour les découvertes anciennes, « env. » signifie environ ; les périodes indiquées reflètent l’état de la recherche et les différences régionales. État de la compilation : 2026.
Quand l’huile d’olive a-t-elle été détectée ou mentionnée pour la première fois ?
Les preuves matérielles et les mots écrits répondent à des questions différentes. Parmi les premiers indices d’utilisation de l’huile d’olive figurent des résidus provenant d’Ein Zippori, datés d’environ 6000 av. J.-C. Pour une extraction précoce de l’huile, les restes d’olives écrasées de Kfar Samir, vers 5600–5000 av. J.-C., sont également particulièrement importants.
Dans la littérature, les archives cunéiformes d’Ebla, dans l’actuelle Syrie, datant du XXIVe siècle av. J.-C. (soit environ 2400 av. J.-C.), sont citées comme une mention écrite précoce. Cependant, « preuve écrite ancienne », « début de la culture » et « invention de l’huile » ne sont pas synonymes. On ne peut pas en déduire une toute première utilisation absolue ou une année d’invention exacte.
L’aperçu chronologique
env. 6000 av. J.-C.Traces de graisse dans la céramique : l’huile avant l’écriture
À Ein Zippori, en Galilée, des restes de récipients ont été analysés et leurs résidus organiques interprétés comme des indices d’huile d’olive. La datation souvent citée remonte à environ 8 000 ans, soit vers 6000 av. J.-C. Les humains utilisaient donc déjà l’olive avant que les documents écrits ne viennent éclairer notre regard sur le passé.
De telles analyses diffèrent d’une bouteille d’huile intacte ou d’une recette écrite. Elles reposent sur le contexte archéologique et des traces chimiques. C’est pourquoi la formulation « parmi les preuves les plus anciennes » est plus solide que l’affirmation selon laquelle la toute première goutte au monde y aurait été produite.
5600–5000 av. J.-C.Kfar Samir : le fruit est transformé de manière ciblée
Sur le site de Kfar Samir, près de Haïfa, aujourd’hui immergé, les chercheurs ont trouvé de grandes quantités de noyaux d’olives écrasés et de restes de fruits. La littérature spécialisée situe ces indices de production d’huile vers 5600–5000 av. J.-C. Cela met en lumière non seulement l’utilisation, mais l’étape même de la transformation.
Les hommes devaient briser la pulpe du fruit et séparer l’huile de l’eau et des composants solides. L’utilisation d’une presse à vis ou hydraulique n’est pas attestée pour cette phase précoce. Un procédé simple pouvait déjà fournir de l’huile, sans que la technique de mouture sophistiquée de l’Antiquité ne soit présente.
Sources : [1]
5000–4000 av. J.-C.De l’arbre sauvage à la plante cultivée
Entre la cueillette d’olives sauvages et une oliveraie exploitée durablement, il y a un grand pas. Les études archéobotaniques et les profils polliniques plaident pour une culture précoce dans le sud du Levant. Au cinquième millénaire av. J.-C., la culture ciblée y gagne nettement en importance ; les détails et les points focaux géographiques restent des questions de recherche.
Planter des arbres, les multiplier et les entretenir pendant des années implique une planification à long terme. Contrairement à une culture annuelle, une oliveraie mobilise du travail et des terres sur plusieurs générations. L’histoire de l’huile est donc aussi celle de paysages transformés, de connaissances horticoles et de la sélection d’arbres adaptés.
Sources : [1]
env. 2500 av. J.-C.Un site de production de l’âge du bronze en Jordanie
Khirbet Um al-Ghozlan, dans l’actuelle Jordanie, montre à quel point l’économie oléicole pouvait déjà être spécialisée. Le rapport du British Museum décrit une petite installation fortifiée avec des équipements de transformation, des restes de plantes et un nombre frappant de jarres de stockage. Elle appartient au début de l’âge du bronze, environ entre 2600 et 2000 av. J.-C. ; « vers 2500 » sert ici de point de repère temporel.
La combinaison des découvertes soutient l’interprétation d’un site de production saisonnier plutôt que d’un village ordinaire. Certaines analyses, comme celles des résidus dans les jarres de stockage, étaient encore en cours dans le rapport du musée. C’est précisément cette distinction entre une interprétation globale convaincante et une analyse individuelle encore en cours qui caractérise une présentation historique rigoureuse.
Sources : [3]
env. 2400 av. J.-C.Ebla : l’huile d’olive entre dans la tradition écrite
Les archives du palais d’Ebla, l’actuel Tell Mardikh en Syrie, contiennent des tablettes cunéiformes du troisième millénaire av. J.-C. Les témoignages du XXIVe siècle relatifs à l’huile d’olive sont souvent cités comme une mention écrite particulièrement précoce. Désormais, l’huile n’est plus seulement une trace chimique, mais un objet d’administration et d’économie.
La tradition associe déjà le produit au contrôle et à des processus ordonnés. Pour la question « Quand l’huile d’olive a-t-elle été mentionnée pour la première fois ? », Ebla est donc un point de référence important. La datation désigne un fonds écrit conservé, et non la découverte de l’olive ni un début de commerce prouvable à l’échelle mondiale.
1450–1200 av. J.-C.La Crète et le monde mycénien : l’huile dans l’administration des palais
Dans l’Égée de la fin de l’âge du bronze, l’huile est intégrée dans des économies palatiales complexes. Des tablettes en linéaire B recensent les quantités et les usages ; un exemple au musée archéologique d’Héraklion mentionne des offrandes d’huile d’olive aux divinités du sanctuaire d’Amnissos. La période 1450–1200 av. J.-C. représente ici ce monde administratif accessible par l’écrit, et non une date de création unique pour toutes les tablettes.
L’huile d’olive était donc bien plus qu’un ingrédient de cuisine. Le stockage, les offrandes cultuelles et la transformation en préparations parfumées liaient l’agriculture à des activités spécialisées. La Crète est un chapitre important de cette histoire, mais pas le seul lieu d’origine attesté par les découvertes les plus anciennes.
Sources : [6]
1000–600 av. J.-C.Les navigateurs relient les côtes méditerranéennes
Les réseaux commerciaux phéniciens et grecs favorisent, au début du premier millénaire av. J.-C., l’échange d’huile, de plantes et de savoir-faire cultural. À travers les îles, les colonies côtières et les comptoirs, le bassin méditerranéen se connecte plus étroitement. Le développement de la culture n’atteint pas simultanément les différentes régions d’Italie, d’Afrique du Nord et de la péninsule Ibérique.
Une simple chaîne de flèches « d’abord le pays A, puis le pays B » serait trompeuse : les olives sauvages étaient déjà présentes dans de nombreux endroits, l’utilisation et la culture se sont développées différemment selon les régions. La nouveauté réside dans l’interconnexion croissante, grâce à laquelle les plants, les formes de récipients, les connaissances artisanales et les débouchés commerciaux se rejoignent.
600–400 av. J.-C.Athènes : alimentation, soins corporels et prix sportif précieux
Dans la vie quotidienne de la Grèce classique, on retrouve l’huile dans l’alimentation, les soins corporels, les lampes et le culte. Les amphores panathénaïques sont particulièrement illustratives : les vainqueurs des compétitions à Athènes recevaient des récipients contenant de l’huile provenant d’oliveraies sacrées. Le Metropolitan Museum documente de telles amphores dès le VIe siècle av. J.-C.
Il ne faut pas confondre ces prix avec la couronne de rameaux d’olivier des Jeux Olympiques. Les récits mythologiques sur Athéna expliquent l’estime culturelle, mais ne remplacent pas une datation de la première production d’huile. La particularité de cette époque réside dans le lien étroit entre un produit agricole, l’identité urbaine et le prestige public.
Sources : [8]
200–100 av. J.-C.Caton : le broyage et le pressage sont décrits par écrit
Au IIe siècle av. J.-C., Caton traite dans son ouvrage De Agricultura de l’exploitation d’un domaine et de l’extraction de l’huile. Il y décrit notamment des installations de broyage et de pressage. Les moulins en pierre et le broyeur connu sous le nom de trapetum font partie de l’histoire technique antique : le fruit est d’abord brisé, puis la pâte est transformée.
Les presses à levier exercent une pression sur la masse d’olives à l’aide d’une longue poutre et d’une charge supplémentaire. La tâche mécanique diffère du broyage. Les conseils de Caton sur une transformation rapide montrent également que l’organisation de la récolte et la qualité de l’huile étaient déjà pensées ensemble à l’époque – même sans capteurs de température modernes ni acier inoxydable.
Ier siècle apr. J.-C. Pline et la vis : plusieurs systèmes de pressage en parallèle
Au Ier siècle apr. J.-C., Pline décrit des mécanismes de pressage, notamment des solutions avec des vis. La vis peut transmettre la force et déplacer une poutre ou un dispositif de pression. Pour l’histoire des méthodes de pressage, il s’agit d’un point de repère écrit important, mais pas d’une preuve suffisante d’une année d’invention unique valable dans le monde entier.
La recherche met en garde contre le schéma simpliste « levier, puis vis, après quoi l’ancienne presse disparaît ». Les découvertes archéologiques montrent des combinaisons variant selon les régions et une longue utilisation parallèle. Les petites exploitations, les matériaux disponibles et l’artisanat local ont influencé la technique tout autant qu’une nouvelle idée mécanique.
Sources : [10]
Ier–IIIe siècles apr. J.-C. Rome : un commerce d’huile qui laisse une colline derrière lui
Entre le Ier et le IIIe siècle apr. J.-C., l’huile d’olive arrive en grandes quantités à Rome, provenant notamment de la Bétique (sud de l’Espagne) et d’Afrique du Nord. Les amphores de transport permettent de commercialiser le produit par voie maritime. Des inscriptions et des timbres pouvaient consigner des informations sur l’origine, le contenu ou les personnes impliquées.
Le Monte Testaccio se trouve à Rome, et non à Ostie. Ses tessons proviennent majoritairement de récipients de transport d’huile et témoignent du gigantesque volume de marchandises. À cette époque, l’huile est un bien d’approvisionnement produit, expédié et contrôlé de manière systématique, et non plus seulement une spécialité coûteuse sur quelques tables de fête.

500–1500Moyen Âge : continuité plutôt que disparition d’une tradition
Après la fin de l’Empire romain d’Occident, l’olivier ne disparaît pas de la Méditerranée. Dans les régions d’influence chrétienne, byzantine et islamique, les vergers, les ateliers et les relations commerciales subsistent ou sont réorganisés. L’évolution varie selon les régions ; un effondrement généralisé ou un essor simultané partout serait trop simpliste.
L’huile reste importante pour l’alimentation, l’éclairage, les soins corporels et la pratique religieuse. Dans la péninsule Ibérique, l’influence arabe laisse également des traces linguistiques, comme dans l’espagnol aceite et le portugais azeite. Les moulins traditionnels et différents types de presses continuent d’être utilisés pendant longtemps et sont adaptés localement.
XVIe siècleLes routes commerciales coloniales apportent la culture en Amérique
Au XVIe siècle, les colonisateurs espagnols transportent des plants d’oliviers vers les Amériques. La culture s’implante notamment au Mexique, puis plus tard dans des régions propices du Pérou, du Chili et de l’Argentine. Il s’agit d’un transfert prolongé de plantes et de procédés, et non d’une date unique à laquelle tout le continent découvre l’huile d’olive.
Le climat, l’eau, le matériel de multiplication et l’organisation de la nouvelle agriculture sont déterminants. La culture s’inscrit en même temps dans l’histoire de la colonisation européenne et de ses effets sur les sociétés existantes. Le fait qu’un arbre d’origine méditerranéenne s’implante économiquement hors de sa région d’origine deviendra significatif pour la future carte mondiale de l’huile d’olive.
Sources : [7]
XVIIIe siècleCalifornie : des olives dans les missions espagnoles
Au XVIIIe siècle, les oliviers arrivent en Californie avec les missions espagnoles. L’aperçu agronomique de Lazicki et Geisseler décrit leur plantation dans les missions côtières. C’est ainsi que naît un chapitre régional de la culture, à partir duquel se développeront plus tard la production d’olives de table et celle d’huile.
L’année de fondation d’une mission n’est pas automatiquement l’année exacte du premier pressage d’huile local. C’est pourquoi cette chronologie mentionne le siècle plutôt qu’un jour apparemment certain. Cet exemple montre comment la diffusion mondiale se compose de nombreux débuts locaux et comment les différentes branches de la culture évoluent ensuite de manière distincte.
Sources : [12]
1795Le brevet hydraulique de Bramah crée une nouvelle base technique
En 1795, la presse hydraulique est brevetée par Joseph Bramah. Le principe de base utilise la pression transmise par un liquide pour générer des forces importantes. L’invention concerne d’abord une technique mécanique générale et n’est pas synonyme de l’invention d’un moulin à huile d’olive entièrement développé.
Pour l’histoire de l’huile, la distinction est importante : entre un principe technique et son application généralisée à un fruit spécifique, il y a la conception, l’adaptation et l’investissement. Au XIXe siècle, l’industrialisation modifie donc non seulement la force de pressage, mais aussi les matériaux, les moteurs et la division du travail dans les moulins.
Sources : [13]
1833Montilla : l’hydraulique est utilisée pour l’huile d’olive
Une étude historique documente pour 1833 l’installation de pressage hydraulique mise en place par Diego de Alvear à Montilla, près de Cordoue. La machine a été fabriquée à Manchester et transportée en Andalousie. Cet exemple bien documenté montre concrètement comment la technique hydraulique générale a été appliquée à la transformation des olives.
Ce n’est pas la preuve qu’à cette date, toutes les anciennes presses ont été remplacées dans le monde entier. Les installations hydrauliques se propagent progressivement et coexistent longtemps avec les presses à levier et à vis. Une puissance accrue et une transformation plus rapide peuvent apporter des avantages ; la qualité de l’huile dépend toujours aussi de l’état des fruits, de la propreté et de l’organisation.
Sources : [13]

1951Percolation : une autre voie pour la séparation de l’huile
L’aperçu technique de l’AOCS cite 1951 comme l’année du prototype de percolation Alfin construit par Buendía. Ici, la séparation n’est pas obtenue exclusivement par une forte pression. Le comportement de mouillage différent de l’huile et de l’eau sur des surfaces appropriées est utilisé pour l’extraction de l’huile.
Ce principe appartient à la préhistoire ou au développement des systèmes de percolation ; il ne doit pas être confondu avec chaque appellation commerciale ultérieure. De plus, une nouvelle méthode de séparation n’est pas une garantie automatique de qualité. Elle doit être considérée en lien avec l’état des olives et les autres étapes de travail.
Sources : [14]
1959Un cadre international pour le secteur oléicole
En 1959, le Conseil oléicole international est fondé sous l’égide des Nations Unies. Cette organisation intergouvernementale basée à Madrid s’occupe de l’huile d’olive et des olives de table. Des termes communs, la coopération technique et l’accord sur les exigences de qualité prennent de l’importance pour un marché transfrontalier.
Ainsi, l’histoire de l’arbre et de la presse s’enrichit de l’histoire des normes. Un acheteur ne doit plus juger l’huile uniquement sur la base d’un récit d’origine. Des procédures de contrôle comparables et des catégories compréhensibles deviennent des conditions essentielles pour un commerce équitable et la confiance des consommateurs.
Sources : [15]
Années 1960–1970La centrifugeuse modifie le flux de travail du moulin
Dans les années 1960, les lignes de décanteurs industriels à fonctionnement continu apparaissent ; l’AOCS cite pour cela l’installation Centriolive d’Alfa-Laval. Dans les décennies suivantes, la centrifugation se généralise. Au lieu d’organiser toute la séparation via des scourtins empilés, les composants de la pâte d’olive sont séparés par la force centrifuge.
Le changement concerne le processus : le broyage, le malaxage contrôlé et la séparation peuvent être organisés en une ligne continue. Les presses ne disparaissent pas pour autant du jour au lendemain. Même avec une installation moderne, des trajets courts après la récolte, des températures contrôlées et un nettoyage minutieux restent des facteurs de qualité essentiels.
Sources : [14]

1991L’Europe précise les caractéristiques et les méthodes de contrôle
Le règlement CEE n° 2568/91 est un point de référence historique important pour les caractéristiques de l’huile d’olive et les méthodes d’analyse associées. Il s’inscrit dans l’évolution où l’examen chimique et l’évaluation sensorielle sont utilisés conjointement pour classer l’huile.
Ce règlement est cité ici comme une étape historique, et non comme une base juridique complète et inchangée pour aujourd’hui. Les règles sont modifiées et réorganisées par la suite. Pour l’histoire, il est essentiel que la qualité soit de plus en plus décrite par des propriétés vérifiables et non plus seulement par la couleur, le prix ou une image traditionnelle sur l’étiquette.
Sources : [16]
2013La culture alimentaire méditerranéenne est reconnue comme patrimoine culturel
L’inscription par l’UNESCO du régime méditerranéen en 2013 englobe une culture transnationale de la culture, de la récolte, de la cuisine et du partage des repas. L’huile d’olive fait partie de ce quotidien dans de nombreuses régions concernées. Ce qui est reconnu, ce n’est pas une marque d’huile spécifique, un remède ou exclusivement une liste d’ingrédients.
Le regard se porte sur les savoirs, les rituels, l’hospitalité et la transmission des compétences. Ainsi, la longue histoire du paysage se lie à la table d’aujourd’hui. L’huile reste un aliment, mais tire sa signification culturelle des personnes et des pratiques qui l’entourent.
Sources : [17]
2022Nouvelle réglementation de l’UE sur la commercialisation et l’étiquetage
Le règlement délégué UE 2022/2104 regroupe les normes de commercialisation de l’huile d’olive. Il comprend également les conditions pour les mentions facultatives : « Première pression à froid » se rapporte aux huiles vierges appropriées issues d’un premier pressage mécanique à moins de 27 °C avec des presses hydrauliques traditionnelles ; « Extraction à froid » concerne l’obtention correspondante par percolation ou centrifugation.
Ainsi, une appellation technique historique devient une question d’étiquetage clairement définie. Une huile d’olive vierge extra moderne ne doit donc pas nécessairement provenir d’une presse classique. Pour les consommateurs, il est plus utile de comprendre le procédé réel et les critères de qualité en vigueur que d’assimiler automatiquement « ancien » à « meilleur ».
Sources : [18]
2026 · Aujourd’huiAujourd’hui : culture mondiale et nouveaux défis
L’huile d’olive n’est plus produite aujourd’hui uniquement autour de la Méditerranée. Des zones de culture dans les Amériques et d’autres régions du monde au climat propice complètent les centres traditionnels. Dans de nombreux moulins modernes, on utilise des décanteurs à deux ou trois phases ; ils diffèrent notamment par la manière dont l’huile, l’eau et les résidus solides sortent de l’étape de séparation.
La disponibilité de l’eau, la chaleur, les maladies, le choix des variétés et la préservation des vieilles oliveraies façonnent les questions actuelles. L’histoire ne s’arrête donc pas avec une machine parfaite. Elle se poursuit dans la recherche, une agriculture en mutation et des décisions d’achat conscientes. Le fil conducteur reste le même : extraire d’un fruit fragile un aliment de qualité, produit de manière transparente.
Questions fréquentes sur l’histoire de l’huile d’olive
Quel âge a l’huile d’olive ?
Des résidus précoces provenant d’Ein Zippori sont datés d’environ 6000 av. J.-C. Les restes d’olives écrasées de Kfar Samir, vers 5600–5000 av. J.-C., sont d’autres indices importants de production d’huile. L’année exacte de l’invention n’est pas connue.
Quand l’huile d’olive a-t-elle été mentionnée par écrit pour la première fois ?
La littérature cite les tablettes cunéiformes d’Ebla, dans l’actuelle Syrie, datant du XXIVe siècle av. J.-C., comme des témoignages écrits particulièrement précoces. Ces textes conservés sont nettement plus récents que les indices archéologiques d’utilisation de l’huile.
Les Grecs ont-ils inventé l’huile d’olive ?
Les preuves précoces connues mènent au sud du Levant et sont plus anciennes que la culture grecque classique. La Grèce et la Crète ont été plus tard des centres importants pour le commerce, l’administration, la vie quotidienne et l’usage religieux de l’huile.
Quand les presses à vis sont-elles apparues ?
Pline décrit au Ier siècle apr. J.-C. des solutions de pressage avec des vis. L’origine et la diffusion exactes ne peuvent être réduites à une année unique universelle ; les systèmes à levier et à vis ont été utilisés en parallèle pendant longtemps.
Depuis quand utilise-t-on des presses à huile hydrauliques ?
La presse hydraulique de Bramah a été brevetée en 1795. Une application concrète pour l’huile d’olive est documentée pour 1833 à Montilla, en Espagne. La technique s’est propagée progressivement et n’a pas remplacé les anciennes installations partout simultanément.
Quand l’extraction de l’huile par centrifugeuse a-t-elle commencé ?
Les lignes de décanteurs industriels continus sont apparues dans les années 1960 et se sont généralisées au cours des décennies suivantes. Elles séparent les composants de la pâte d’olive par la force centrifuge au lieu de réaliser tout le processus via des scourtins classiques.
Où se trouve le Monte Testaccio ?
Le Monte Testaccio se trouve à Rome. Il est composé majoritairement de tessons d’amphores de transport antiques pour l’huile d’olive et constitue un témoignage important de l’approvisionnement romain et du commerce à longue distance.
Pourquoi les premières étapes n’ont-elles que des datations approximatives ?
Les couches archéologiques, les analyses de résidus et les traces végétales donnent souvent des périodes plutôt que des années civiles précises. De plus, les méthodes de culture et les machines se sont propagées différemment selon les régions. La chronologie indique donc des approximations et les distingue des années historiques nommées avec certitude.
Sources et notes sur la chronologie
Les numéros aux différentes étapes renvoient aux sources suivantes. Les descriptions d’objets de musées, la recherche archéologique, les textes historiques, l’histoire des techniques et les réglementations actuelles répondent à des questions différentes. Les rapports sur des découvertes très précoces sont délibérément classés comme des indices ou des interprétations. Les trois images d’illustration complétant l’article sont des images générées par IA et ne servent pas de preuves archéologiques.
[1] The history of olive cultivation in the southern Levant · Frontiers in Plant Science (2023)
[2] Smithsonian · The Oldest Olive Oil Ever Found Is 8,000 Years Old (2014)
[3] British Museum · Discovering a 4,500-year-old olive oil factory in Jordan
[4] The New Yorker · Olive Oil’s Dark Side (2012), entretien avec Tom Mueller
[5] The Metropolitan Museum of Art · Ebla in the Third Millennium B.C.
[6] Heraklion Archaeological Museum · Linear B tablet Π-Ν110
[7] Conseil oléicole international · L’olivier
[8] The Metropolitan Museum of Art · Panathenaic prize amphora
[9] Caton · De Agricultura, traduit par W. D. Hooper et H. B. Ash
[10] University of Melbourne · A pressing matter: Ancient Roman food technology
[11] Encyclopaedia Britannica · Monte Testaccio
[12] Lazicki & Geisseler · Olive Production in California
[14] AOCS Lipid Library · Olive Oil, García-González & Aparicio
[15] Conseil oléicole international · Mission & Basic Texts
[16] Union européenne · Règlement (CEE) n° 2568/91 (historique)
[17] UNESCO · La diète méditerranéenne, inscription 2013
[18] Union européenne · Règlement délégué (UE) 2022/2104
Produire de l’huile d’olive : de la récolte à la mise en bouteille


